Bulletin de la Société préhistorique française, tome n° 105 (2008), n°3

Quels auteurs pour l’industrie de Mancy à Saint-Brisson-sur-Loire (Loiret) ? Réévaluation d'un assemblage présumé magdalénien en région Centre

Lucie CHEHMANA, Grégory DEBOUT, Boris VALENTIN, avec la collaboration de Pierre BAZIN et Olivier BIGNON

 


La révision de l’industrie lithique découverte sur le site de Mancy (Loiret) a soulevé quelques incertitudes au sujet de son attribution culturelle. À la fin des années quatre-vingt, les caractéristiques du débitage laminaire avaient conduit certains auteurs à la rapprocher du Magdalénien supérieur. Aujourd’hui, la reconnaissance de plusieurs microgravettes et de nombreux burins-nucléus à partir desquels les supports des microgravettes semblent extraits indique toutefois qu’une partie de l’industrie est attribuable au Gravettien (plutôt à sa phase récente). Par ailleurs, compte tenu des nouvelles études sur le sujet, il n’est pas exclu que le débitage laminaire puisse, lui aussi, y être finalement rattaché. Le contexte de découverte de l’industrie de Mancy (ramassage de surface) ne permet toutefois pas d’écarter l’hypothèse d’une double composante, l’une magdalénienne et l’autre gravettienne. Des éléments de réponses plus définitifs ne pourront être obtenus que si des travaux de terrain sont engagés. Ils sont particulièrement motivés par le fait que Mancy pourrait se révéler comme le premier gisement de production de grandes lames du Gravettien récent de la moitié nord de la France que l’on pourrait comparer aux sites de références de Corbiac et de Rabier (Dordogne). En outre, la présence de restes de faune offre la possibilité de réaliser des datations radiométriques qui permettraient enfin de caler plus précisément ce type d’industrie au sein de la phase récente du Gravettien.

The review of the lithic assemblage which was discovered in Mancy (Loiret, France) raised a few questions regarding its cultural attribution. By the end of the 1980s, characteristics of the blade knapping had led some authors to date this assemblage to the Upper Magdalenian. However, today, the existence of several microgravettes and numerous "burins-cores" from which blanks of microgravettes seem to originate indicates that part of the assemblage might be dated to the Gravettian (more specifically its recent period). Moreover, given new research on this topic, it cannot be excluded that blade knapping might also be dated to the Gravettian. The context in which Mancy’s assemblage was discovered (surface collecting) does not allow the hypothesis of a double origin, i.e. Magdalenian and Gravettian, to be rejected. More certain answers could only be given if field work is carried out. This is all the more crucial as Mancy could prove to be the first source of production of long blades of the recent Gravettian period in the northern half of France, which could then be compared with such well-known sites as Corbiac and Rabier (Dordogne, France). Furthermore, faunal remains give researchers the opportunity to conduct radiocarbon dating which would at last allow this type of assemblage to be more precisely dated within the recent Gravettian period.

 

 

 

 

 

 

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