Actualités SPF Séance SPF : Unfinished Puzzles: Vers un standard dans la description & l’étude des fragmentations et remontages en archéologie

Table ronde à venir :

La parenté dans les sociétés pré et protohistoriques      

Faire dialoguer archéologie, anthropologie sociale, archéogénomique et géochimie (titre provisoire)

 

Organisateur·ice·s : Anne Augereau, Bruno Boulestin, Raphaëlle Chaix, Boris Lelong et Laura Waldvogel

 

Dates : automne 2027

 

Les avancées récentes en archéogénomique et en géochimie (isotopes) permettent désormais d’identifier mobilités et parentés biologiques au sein des populations pré et protohistoriques. Adossées aux données archéologiques et ethnologiques, ces informations constituent un outil clé pour éclairer les organisations sociales anciennes. Elles ont également conduit à proposer divers modèles de filiation (patrilinéarité, matrilinéarité), souvent formulés sans concertation avec les acquis de l’anthropologie sociale. Or celle-ci rappelle que les systèmes de parenté ne se réduisent pas aux liens biologiques : ils relèvent de dispositifs conventionnels qui organisent de multiples aspects des relations sociales, spatiales, économiques, politiques, etc. Dans ce cadre, seule une articulation avertie des données archéogénétiques, biochimiques et archéologiques est susceptible de mettre en lumière certains de ces aspects de l’organisation des sociétés  pré et protohistoriques. À cette fin, le vocabulaire de la parenté doit être précisé : en archéologie et archéogénomique, son usage apparaît souvent problématique ; en anthropologie sociale elle-même, les définitions varient selon les traditions, les auteurs et les langues, en particulier en anglais et en français. Dès lors, une clarification conceptuelle à la lumière des acquis de l’anthropologie sociale s’impose à travers l’élaboration d’un inventaire critique des définitions afin d’en stabiliser l’usage pour l’étude des populations du passé.

Cette table ronde propose d'approfondir cette réflexion autour de deux axes principaux :

1. Terminologie : harmoniser les concepts relatifs aux systèmes matrimoniaux, aux règles de résidence et à celles de filiation afin d'établir un lexique commun aux différentes disciplines. Pour cette phase de réflexion, nous privilégions un format francophone afin de faciliter la convergence disciplinaire avant d'intégrer les complexités de traduction. Par exemple, le concept anglais de "kinship" n'est pas l'équivalent strict du français "parenté", et dans les deux langues ces termes varient aussi en fonction des contextes.

2. Méthodologie : explorer comment les outils et concepts de l’archéologie (données funéraires, habitats), de l’archéogénomique, de la  géochimie (isotopes) et de l’anthropologie sociale pourraient s'articuler pour éclairer l’approche de la  parenté au sein des sociétés anciennes. Il s’agira ici d’éprouver la pertinence des interprétations dans la perspective socioculturelle particulièrement complexe de la parenté.

 

En adoptant une approche résolument interdisciplinaire, cette table ronde propose d’aborder l’ensemble de ces questions, en faisant dialoguer archéologues, archéogénéticiens, généticiens, anthropologues sociaux et biologiques, afin de préciser les usages des notions de parenté, d’en cerner les limites pour les périodes anciennes, et d’en dégager les apports potentiels.

 

 

 

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