Prix : 25,00 €TTC
Quand une grotte devient archive
Décrypter les paysages et les occupations humaines du Paléolithique supérieur par l’approche géoarchéologique, l’exemple de la grotte du Mas d’Azil et de la vallée de l’Arize (Pyrénées, France)
Par Céline Pailler
Sommaire
Des lacunes, d’ordre chronologique ou spatial, sont observées dans les séquences d’occupation archéologique à l’intérieur des grottes et, plus généralement, dans les sites archéologiques des Pyrénées. Quelle signification peut-on attribuer à cette absence de vestiges ? Reflète-t-elle une absence d’occupation humaine, un choix anthropique dans l’implantation des sites ou les effets de la préservation différentielle ?
La grotte du Mas d’Azil, traversée par le cours de l’Arize, a conservé des archives sédimentaires de l’activité de la rivière lors du dernier cycle glaciaire. Cette activité a influencé non seulement l’occupation humaine au Paléolithique supérieur, mais aussi la conservation (ou non) des sites archéologiques. Décrypter et croiser les informations sédimentaires et archéologiques permet de retracer l’histoire de l’Arize et de la cavité.
Dans la grotte, les niveaux aurignaciens ont été recouverts par plusieurs mètres de sédiments fluviatiles. Cette dynamique a érodé les occupations récentes de cette chronoculture, mais a assuré la préservation des niveaux anciens. Cette phase d’aggradation, survenue au cours du MIS 2, a également rendu la grotte inaccessible pendant plusieurs millénaires, jusqu’à la fin du Solutréen.
L’analyse des processus en jeu apporte également des informations détaillées sur le paysage souterrain et l’organisation de l’espace occupé par les groupes humains à l’intérieur de la grotte au cours du Magdalénien moyen récent (MMR) jusqu’au début de l’Holocène.
Ces archives sédimentaires en milieu karstique fournissent enfin des informations sur les dynamiques fluviales et sédimentaires, ainsi que sur les conditions paléoclimatiques à l’échelle de la vallée de l’Arize. Malgré la différence de résolution, des hypothèses de corrélation sont proposées entre les archives conservées dans la grotte et celles de la vallée de l’Arize, moins bien préservées.
La grotte du Mas d’Azil apparaît donc comme un enregistreur à très haute résolution des réponses hydrosédimentaires découlant des fluctuations climatiques. Les études interdisciplinaires ont permis de déchiffrer et d’exploiter des indices morphologiques et sédimentaires à peine perceptibles à l’extérieur. Les vestiges archéologiques, conservés dans leur contexte géomorphologique, soulignent l’importance de la taphonomie différentielle et permettent d’interpréter ces « vides archéologiques » à l’échelle du site jusqu’à celle des vallées du piémont nord-pyrénéen.
Mots-clés : Géomorphologie, géoarchéologie, karst, dynamique fluviale, dernière glaciation, MIS 2, MIS 3, Pyrénées, variations climatiques, Ariège.
2026, in 4o broché, 180 pages, ISBN : 978-2-95883-824-9
(EAN : 9782958838249) 25 € – réf. : M75
Stock disponible : 190